TRAVAUX SUR LA LAGUNE DE BOUIN

7 Fév, 2018 | Actualité | 0 commentaires

La Fédération Départementale des Chasseurs de la Vendée a été désignée gestionnaire du site de la lagune de Bouin en février 2013, sur un parcellaire de 46,3 ha. Après une appropriation du site, plusieurs constats avaient été faits sur sa fonctionnalité. La succession d’hivers très pluvieux voire tempétueux avaient dégradé en grande partie le réseau d’îlots. Or, ils constituent des supports indispensables pour la nidification de l’avifaune aquatique : laridés (Mouette rieuse, Mouette mélanocéphale), limicoles (Avocette élégante), sternidés (Sterne pierregarin). Il était nécessaire de restaurer les îlots dégradés, la capacité d’accueil du site étant atteinte (les suivis nous ont montré que tous les îlots sont utilisés jusqu’à saturation de l’espace disponible). En outre, il semblait également pertinent d’augmenter le nombre d’îlots ainsi que leur taille.

 

De plus, certaines parties des étangs lagunaires présents sur le site se sont eutrophisés ou ont vu un apport conséquent de sédiments. La surface en eau s’est restreinte sur les parties est et nord-est des étangs, avec pour conséquence une disparition des îlots proches des bordures. Les risques de prédation par des animaux terrestres se sont ainsi accrus. La circulation de l’eau en périphérie par un fossé suffisamment profond est également nécessaire pour l’évacuation rapide de l’eau (notamment lors des épisodes orageux, où le niveau monte très rapidement et peut noyer plusieurs nids) via le trop-plein installé côté sud-ouest. Deux autres interventions avaient donc été programmées. Une première visait à étréper (curage superficiel sur 5 à 10 cm) une partie des deux étangs principaux, tandis que la seconde consistait à curer le fossé latéral qui s’est progressivement comblé.

L’ensemble des travaux programmés a été financé à 100 % via un Contrat Natura 2000 (fonds de la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement, et du Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural, piloté par la Région des Pays de la Loire) pour un coût total de 23 171,28 Ä. Déposé dès 2014, le gel des financements Natura 2000 a induit un report du dossier, finalement accepté fin 2016. Les opérations de restauration ont pu être menées en septembre et octobre 2017, après un assec prolongé de la lagune. Des îlots plus grands et plus hauts ont ainsi été créés, tandis que les îlots encore existants ont été confortés. Le fossé latéral a pu être curé, tandis que les secteurs enrichis en sédiments ont été étrépés. Un curage autour du trop-plein a permis de retrouver la fonctionnalité souhaitée pour évacuer l’eau.

Les premiers comptages de reposoir montrent que les oiseaux sont plus méfiants depuis la création des îlots et ont tendance à plutôt exploiter la partie sud du site. Il faudra attendre une végétalisation des îlots pour mesurer l’impact sur le reposoir côté nord du site. Pour les nicheurs, le printemps prochain sera l’occasion d’évaluer l’attractivité des îlots. Les effectifs de couples nicheurs devraient être très supérieurs à ceux observés actuellement. Désormais, il conviendra de valoriser le site tout en tenant compte de la quiétude de l’avifaune.

Sébastien FARAU
Ingénieur (Service Environnement)