LA SURVEILLANCE SANITAIRE DE LA FAUNE SAUVAGE

16 Août, 2018 | Actualité | 0 commentaires

RAPPORT D’ACTIVITES DE L’ANNEE 2017

Cette surveillance sanitaire repose sur un réseau d’observateurs de terrain, principalement des chasseurs. Les différents prélèvements sont ensuite acheminés par le service technique de la Fédération au Laboratoire de l’Environnement et de l’Alimentation de la Vendée. Ce travail est réalisé avec le soutien du Département de la Vendée.

Au total 66 analyses ont été effectuées dans le cadre du réseau SAGIR réparties comme suit :

CAUSES DE MORTALITÉ DES 3 ESPÈCES LES PLUS ANALYSÉES :

Le lapin de garenne
L’année 2016 avait été principalement marquée par la VHD (maladie virale). Pour 2017, cette maladie a largement dominé les différentes causes de mortalité avec 100% de cas positifs sur les analyses effectuées. La nouveauté est le diagnostic d’un variant de la VHD appelé la RHVD2. Ce virus était présent sur 13 lapins sur les 14 analysés. Mais faut-il vraiment parler de nouveauté ? Les techniques en laboratoire ont permis d’identifier ce virus. Cependant, il est fort probable qu’il a sévit sur le département ces dernières années mais sans le mettre en évidence. Les mortalités ont souvent été très importantes et se sont étalées de juin jusqu’à la fin décembre principalement. Aussi, différents cas de myxomatose diagnostiqués directement sur le terrain ont été signalés au cours de l’été et automne 2017.

Le lièvre
Comme chez le lapin de garenne, les maladies virales ont eu une part importante dans les causes de mortalités. L’EBHS était à ce jour le seul virus identifié dans ce type de maladie. Mais pour la première fois, le RHVD2 a été diagnostiqué sur 2 lièvres. Si le VHD est spécifique au lapin de garenne et l’EBHS au lièvre, les analyses ont démontré que le RHVD2 peut toucher les deux espèces. Sans être affirmatif, les difficultés que nous rencontrons sur le lièvre depuis ces dernières années pourraient être en lien avec ces maladies virales. Quelques maladies bactériennes (pseudotuberculose, salmonellose…) rencontrées chaque année ont été aussi identifiées. 1/3 des résultats d’analyses ont conclu à une mortalité dû à une collision. Une attention toute particulière doit être portée lors de la découverte de cadavres pour éviter des analyses où le traumatisme est fortement soupçonné.

Le chevreuil
Le nombre d’analyses a légèrement progressé par rapport à 2016. Mais c’est surtout la proportion de mortalités dû aux traumatismes (collision, plomb de chasse) qui a augmenté. Là aussi, la vigilance doit être de vigueur pour acheminer au Laboratoire Départementale uniquement des animaux où des problèmes sanitaires sont supposés. Pour 2 chevreuils, un parasitisme serait à l’origine des mortalités. Bien qu’un parasitisme et des bactéries ont été identifiés sur les 4 autres chevreuils, il est difficile de confirmer la mort de ces animaux par ces maladies. Globalement, aucun souci sanitaire majeur n’a été observé sur cette espèce.

AUTRES MORTALITÉS
Pour les 3 cerfs analysés, le traumatisme (plomb de chasse) a été déterminé pour l’un (commune de la Chapelle Thémer). Des problèmes respiratoires avec la présence d’une pasteurellose seraient la cause de la mort pour un animal trouvé sur St Martin Lars. Enfin, un cerf trouvé sur la commune de Pissote, dont le décès a été initialement attribué à une suspicion d’intoxication aux tanins par ingestion massive de glands, s’est finalement avéré être mort d’une entérotoxémie (maladie bactérienne). Ce cas a été rapproché des mortalités anormales de cerfs à l’automne/hiver dernier dans certains départements.
Les mortalités de 3 blaireaux sur 5 étaient dues à des collisions ou des prélèvements lors de chasses sous terre. Bien que l’on soupçonnait fortement l’origine de la mort, ces animaux ont été autopsiés dans le cadre de l’étude « blaireau » mise en place en 2013. L’objectif de cette étude est de mieux connaître la biologie de cette espèce (dispersion des jeunes et adultes, taux de survie…). Tout animal trouvé mort ou prélevé dans la zone d’étude de la Roche sur Yon est analysé dans le cadre du réseau SAGIR. Si la cause
de la mort est indéterminée pour le 4ème animal, le dernier blaireau venant de la commune d’Ile d’Olonne est mort suite à un empoisonnement aux anticoagulants (raticide pour ce cas-là).
Aucun diagnostic n’a pu être formulé pour le canard colvert analysé (commune de Réaumur).
Egalement, de nombreux cas de trichomonose (maladie parasitaire) sur les colombidés (pigeon ramier notamment) ont été observés sur certains secteurs du département l’hiver dernier. Ces mortalités ont été directement diagnostiquées sur le terrain (aucune analyse réalisée).
Il est bon de rappeler toutes les précautions à prendre lors de la manipulation des cadavres trouvés notamment pour les lièvres. Certaines maladies comme la tularémie peuvent être contagieuses. L’utilisation de gants est fortement conseillée.

Cyril MERLET
Interlocuteur Technique Départemental SAGIR

Quelques questions autour du RHDV2 (Rabbit Haemorrhagic Disease Virus 2, en anglais ou maladie hémorragique du lapin variant 2, en français) :

Comment en est-on arrivé là ?
Depuis 2010, une nouvelle forme du virus responsable de la maladie hémorragique du lapin a émergé, le RHDV2, remplaçant dans certains pays le virus classique (RHDV). Ce virus est différent du virus également responsable d’une maladie hémorragique chez le lièvre (EBHS).

Qui est sensible au virus RHDV2 ?
Le lapin d’Europe (Oryctolagus cuniculus) et le lièvre d’Europe (Lepus Europaeus). La maladie causée par le RHDV2 ressemble aux maladies hémorragiques du lièvre et du lapin (même signes, même taux de mortalité).

Est-il dangereux pour les chiens ?
Non, toutes les études sur ce virus montrent qu’il est impossible de transmettre le RHDV2 aux espèces animales domestiques (porc, âne, cheval, chien, chat, hamster, et…) ou sauvages (souris, rat, renard, oiseaux, reptiles, etc…).

Et pour l’homme ?
Jusqu’à présent, aucun cas de maladie suite à la manipulation d’animaux infectés par le RHDV ou le RHDV2 n’a été rapporté dans la population des personnes les plus exposées (chasseur, éleveur, vétérinaire).

Peut-on manger les lapins ou les lièvres ?
Le RHDV2 provoque chez ces animaux une atteinte du foie qui s’accompagne d’hémorragies. Les animaux malades ne sont pas consommables. Si vous avez un doute, contactez votre Fédération.

Qu’est-ce qu’on peut faire ?
Les animaux trouvés morts, chassés mais malades ou présentant des lésions suspectes peuvent être testés (dans le cadre du réseau SAGIR, dans un laboratoire) pour mieux connaitre la présence de ce virus et sa circulation au sein des populations. Une vaccination contre la maladie virale hémorragique existe pour les lapins domestiques ou d’élevage. Le virus RHDV2 est hautement contagieux et se propage par contact direct entre les lapins et les lièvres ou par contact indirect via l’urine, les excréments, les carcasses, l’eau, l’alimentation, les insectes piqueurs ou d’autres vecteurs mécaniques tels que les vêtements, les mains ou les cages. Les mesures d’hygiènes et de contrôle des différents vecteurs sont donc à privilégier permettant ainsi de continuer à profiter au mieux de la chasse.

Laboratoire de l’Environnement et de l’Alimentation de la Vendée
Nora Cesbron, Vétérinaire
Jacques Favreau, Technicien