L’APPEL A PROJETS BIODIVERSITÉ

10 Nov, 2017 | Actualité | 0 commentaires

Expérimentation opérationnelle de modes de gestion sur le Marais Breton : effets sur la reproduction de l’avifaune aquatique nicheuse.

Objectifs et méthode : rappels

Depuis 2015, la FDC85 est engagée dans une étude visant à expérimenter des modes de gestion sur les zones humides du Marais Breton pour mieux comprendre et mesurer les interactions qui peuvent exister entre les hauteurs de végétation et les niveaux d’eau avec les oiseaux d’eau. Cette démarche nécessite d’évaluer la présence en oiseaux d’eau nicheurs en fonction de la gestion, unique ou différenciée, employée sur un site.

Notre démarche a pour but d’accroître l’investissement des chasseurs pour l’amélioration de la gestion ou la conservation des bonnes pratiques afin de favoriser la biodiversité générale des oiseaux nicheurs.

Douze sites ont été suivis de la première quinzaine de mars à la deuxième quinzaine de juillet, soit dix suivis annuels par site. L’itinérance sur chaque site était faite de sorte à limiter le dérangement tout en ayant une vision exhaustive des milieux prospectés. La première année de suivi (2015) consistait en un état initial de chaque site, notamment en termes de couples d’oiseaux nicheurs.

Les individus en stationnement étaient également répertoriés. Des préconisations de gestion ont été établies pour chaque site dès l’année n pour que le gestionnaire puisse anticiper les changements et/ou aménagements à mettre en place. L’évolution à court terme du nombre de couples nicheurs sur les années n+1 et n+2 pouvait ainsi être comparée. Un retour individuel était donné oralement à chaque propriétaire pour expliquer les améliorations à apporter en fonction des cortèges d’oiseaux observés.

Chaque site a été cartographié selon quatre entités (baisses, prairies, îlots et fossés) et le mode de gestion appliqué (fauche, pâturage, conservation de l’eau) était inscrit à chaque passage. Les hauteurs de végétation et les niveaux d’eau étaient notés pour chaque entité selon cinq classes (respectivement avec des pourcentages de recouvrement selon des tailles) (tableau 1).

 

Les préconisations de gestion étaient ensuite faites suite à une recherche bibliographique exhaustive, qui comprenait également des démarches entreprises au niveau national ou régional. Cette démarche se voulait itérative et adaptative en fonction des conditions annuelles. L’expérimentation menée sur chacun des sites se voulait positive, c’est-à-dire que des préconisations supposées négatives n’étaient pas appliquées.

Premiers résultats !

De façon pragmatique et empirique, plusieurs résultats plaident en faveur d’une augmentation locale du nombre de couples nicheurs en conservant l’eau. Le site n°1 n’avait aucun couple nicheur identifié sur la zone en 2015, tandis que 14 à 27 étaient présents sur le site en 2016 (tableau 2). Ce net changement est sans doute la conséquence du simple maintien de l’eau dans les baisses, suite à une côte définie avec l’exploitant agricole. Un cortège typique du Marais breton est ainsi apparu.

Dans un autre genre, le site n°4 disposait déjà d’effectifs nicheurs appréciables en 2015. Un maintien plus tardif de l’eau combiné à du pâturage extensif avec l’achat de deux bovins par le propriétaire a permis d’augmenter fortement le nombre de couples nicheurs (figure 1).

 

Une approche comparative sur les années 2015 et 2016 pour l’ensemble des sites en fonction du nombre de couples nicheurs montre une progression positive (figure 2).

La diversité d’espèces présentes a augmenté sur la quasi-totalité des sites (un site n’a pas mis en application les préconisations), tandis que l’occurrence par espèce et par site a augmenté (par exemple : le canard souchet était nicheur sur 10 des 12 sites) (figure 3).

Un effet interannuel positif est probable, l’année 2016 ayant été pluvieuse au début du printemps avec plus d’eau dans les baisses et les prairies. Cependant, la conservation de l’eau et la mise en place de pâturage extensif (préconisations les plus appliquées) ont permis d’accroître le potentiel de chaque site. Les résultats de l’année 2017, très sèche, devraient donner plus de précisions quant à ces hypothèses.

A l’issue de nos travaux, la réalisation d’un guide diffusable aux chasseurs-gestionnaires dans le Marais Breton fin 2017 s’inscrira dans la suite logique des recommandations du DOCOB Natura 2000 et d’une étude réalisée en 2013 par la Fédération Régionale des Chasseurs des Pays de la Loire.

Un poster scientifique a d’ores et déjà été présenté au colloque international de l’IUGB 2017 à Montpellier. En fonction du traitement des résultats 2017, une publication scientifique pourra être envisagée. Il est prévu de poursuivre la démarche de l’appel à projets biodiversité par un Contrat Nature régional (2018-2020) en cours de finalisation actuellement.

Sébastien FARAU
Ingénieur
(Service Environnement)