Honneurs de la chasse : LAIROUX

19 Fév, 2019 | Actualité, Articles Caro | 0 commentaires

Le 4 octobre 2018, la société de chasse intercommunale Lairoux-la Claye obtenait le second prix national des Honneurs de la Chasse Laurent Perrier/Groupama. Créés en 1981 par les champagnes Laurent-Perrier, les Honneurs de la Chasse Laurent-Perrier/Groupama récompensent chaque année un lauréat pour la qualité de la gestion mise en place sur son territoire. En 25 ans, les Honneurs de la Chasse sont devenus une distinction incontournable, et nombre de lauréats font aujourd’hui autorité dans les spécialités pour lesquelles ils ont été récompensés, du grand gibier au petit gibier en passant par les oiseaux migrateurs et la faune de montagne. Ce prix remis sous forme de dotation financière et soutenu par l’ONCFS, la FNC et Groupama récompense les initiatives d’une nouvelle génération de chasseurs réceptifs et respectueux de la biodiversité. Il valorise également l’aménagement du territoire pour la préservation et la sauvegarde des espèces, tout en impliquant la responsabilité de tous les utilisateurs du milieu naturel, favorisant ainsi la reconnaissance d’une chasse éthique et exemplaire.

La rédaction : Bonjour Jean Paul BARRITAUD. Est-ce que vous pourriez vous présenter et nous présenter votre territoire de chasse ?

JPB : Je suis né rive du Gorgeais à Lairoux, ce lieu-dit très fréquenté par les promeneurs jouxte le marais communal. Je suis le secrétaire adjoint de la société de chasse de Lairoux/La Claye, j’y prenais mon premier permis en 1972 à l’âge de 16 ans. Notre société intercommunale a été fondée en 1932, avec un rattachement de La Claye en mars 1982. Notre Conseil d’Administration se compose de 15 membres, avec un vice-président de La Claye.
A noter au niveau du Conseil d’Administration un jeune de 19 ans qui s’implique et est très motivé, ce sera un lien pour la transmission. Notre territoire a une superficie de 1 100 ha, dont un marais communal d’un seul tenant de 240 ha. Nous avons 30 ha de bois et une réserve de chasse de 120 ha, centrée dans la partie bocage.

La rédaction : Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de candidater au prestigieux prix des Honneurs de la Chasse Laurent Perrier/Groupama cette année ?

JPB : Après avoir été lauréat du premier prix « Trophée Chasse Durable » de Vendée en 2017, nous estimions que notre projet, nos actions passées, présentes et futures méritaient d’être connues et reconnues au-delà des frontières de notre département et c’est ce qui nous a conduits avec le concours de la FDC85 à postuler aux Honneurs de la Chasse Laurent-Perrier/Groupama 2018.
Notre société intercommunale de chasse de Lairoux-la Claye s’inscrivait parfaitement dans une démarche de transversalité avec une volonté affichée depuis très longtemps de travailler avec l’ensemble des acteurs du monde rural afin d’une part, d’agir et d’influencer les décisions ayant un impact significatif sur l’environnement et sur les habitats et d’autre part, d’apporter notre concours à une gestion durable de la faune sauvage qu’elle soit chassable mais également protégée.

La rédaction : Pouvez-vous nous expliquer simplement en quoi consistait votre projet ? Quelles en étaient les forces et les faiblesses ?

JPB : Les forces de notre dossier étaient liées aux actions engagées et futures associant les enfants des écoles et le grand public. Ces projets éducatifs avaient pour but de « montrer la nature »
autrement à une population rurale et néo-citadine méconnaissant le milieu qui l’entoure en leur faisant toucher les enjeux liés à cette biodiversité. Les faiblesses de notre projet se situaient au niveau de l’historique des résultats cynégétiques. Nous avons présenté des tableaux de chasse ne datant que depuis 10 ans et l’ACCA de Bourg Saint Andéol forte de 5 000 ha et 380 chasseurs jouait dans une autre catégorie.
De nos objectifs pour la gestion des espèces, des milieux et l’animation auprès des scolaires et du grand public, nous avions retenu :
• Notre volière anglaise est une des seules restant opérationnelles dans notre secteur cynégétique. Nous devons fédérer les sociétés communales proches et les chasses privées en les conseillant dans la mise en place, la gestion et l’entretien de leurs futures volières au regard de notre expérience.
• Nos actions pour la préservation des milieux au niveau de notre marais communal. Depuis les années 1980, les membres de notre société de chasse sont acteurs afin que cette zone humide ne soit pas morcelée et reste en pâturage extensif avec une gestion collective et partagée de l’eau.
• Notre projet en cours, du « Bosquet des Hintoux » vers le grand public, associant les enfants de l’école. Nous envisageons un balisage (faune/flore) reliant ce point de départ à l’observatoire du Gorgeais sur la commune de Lairoux.
• Notre projet de construire un programme d’animations pour les scolaires et le grand public en partenariat avec la municipalité, la FDC85 et l’ONCFS. Ces sorties ornithologiques se dérouleraient en février/mars.
• Poursuivre les aménagements en faveur du territoire : en passant une convention avec RTE afin d’aménager les bases de pylônes (abris, abreuvoirs et agrainoirs).

La rédaction : Plusieurs mois de travail, des allers retours à la Fédération, des répétitions en configuration « jury d’examen », que retirez-vous de cette expérience unique ?

JPB : Le groupe de travail qui avait préparé le dossier vendéen « Trophée Chasse durable » a hésité avant de se lancer dans la préparation des « Honneurs de la Chasse » car nous appréhendions le parcours d’obstacles qui s’annonçait. Cependant, motivés par notre Fédération et nos sociétaires, nous avons monté un dossier technique plus complet pour février 2018. La qualité de notre dossier avait retenu l’attention des partenaires du Prix et les premiers éléments présentés s’inscrivaient pleinement dans la démarche de chasse raisonnée et durable soutenue par les Honneurs de la Chasse. Le 16 juillet 2018, des membres du jury se sont déplacés à Lairoux pour un audit de notre société intercommunale.
Nous sommes allés sur le territoire des 2 communes montrer nos réalisations et l’après-midi, dans la salle du conseil municipal, nous avons échangé sur les objectifs, les résultats et les développements futurs. Notre dossier retenu, nous étions invités à venir le défendre à Paris le 4 octobre 2018 au siège de Groupama. Aidés par les services techniques de la FDC85 et surtout notre directeur Cyril MOREAU, nous avons bâti un PowerPoint à présenter en 20 minutes. Ce fut une expérience unique, évidemment stressante, cependant, avec le travail et les répétitions en configuration, l’objectif fut atteint avec succès.

La rédaction : Si vous deviez remercier une ou plusieurs personnes, quelles seraient-elles ?

JPB : Notre groupe de travail était le porte-parole de nos sociétaires. C’est à eux, que vont les premiers remerciements car depuis 30 ans, ils œuvrent sur le terrain mené par les différents Conseils d’Administrations. Je remercierai, ensuite, plus particulièrement les quatre derniers présidents de notre société qui sont toujours membres du Conseil d’Administration. Je citerai, David MARCHEGAY qui, avec ses élèves, a lancé le projet pédagogique des Hintoux et la mise en place de la volière anglaise, Michel COUSSEAU (agriculteur non-chasseur) qui est le lien avec le monde agricole et la municipalité étant adjoint, Jean-Paul SOURIS et Franck HILLAIREAU qui montrent la voie depuis une douzaine d’années en restant fidèles aux engagements. Ils m’ont accompagné tous les deux à Paris ainsi que Dominique DEBOUTE étant membres du groupe de travail.
Mes derniers remerciements vont à la municipalité de Lairoux puis à Cyril MOREAU qui a su nous motiver, nous accompagner dans les écrits et nous coacher et enfin à Jacky DESBROSSE Vice-Président de la FNC qui nous a encouragés.

La rédaction : C’est la première fois qu’un territoire vendéen est primé au niveau national. Nous imaginons que vous devez être fiers du travail accompli et de ce résultat. Qu’avez-vous ressenti lors de la proclamation des prix ?

JPB : Ce deuxième prix national est l’aboutissement de 2 années de travail, donc un sentiment de fierté. Nous sommes restés fidèles aux actions menées et nos projets ont séduit le jury. Notre succès est aussi celui de nombreuses sociétés de chasse vendéennes engagées dans l’aménagement du territoire pour la préservation et la sauvegarde des espèces.

La rédaction : Avez-vous été frustré de ne pas remporter le premier prix ? Nous vous laissons le mot de la fin. Merci encore pour votre contribution.

JPB : Frustrés, mes accompagnateurs l’étaient certainement.
Personnellement, en passant en deuxième position après le tirage au sort, j’avais pressenti que Bourg Saint Andéol mettait la barre très haut et que nous étions à notre place.
Pour conclure, nous inviterons très certainement les chasseurs vendéens à nous retrouver sur le territoire début mars pour l’observation des anatidés et limicoles en migration sur notre marais communal (regarder la page Facebook de la FDC85) et à une soirée animée par les sonneurs des Echos de Vendée au Château de la Claye le samedi 13 juillet 2019.